Dans un billet précédent, on parlait des EPI.
Casques, lunettes de sécurité, bottes à embout d’acier et vêtements haute visibilité.
Tout ça compte encore.
Mais en logistique du bois d’œuvre, et sur bien des sites contrôlés, ce n’est que la partie visible. Un chauffeur peut arriver avec l’air prêt, sans l’être du tout.
C’est ça, le vrai problème.
« Tout le monde peut porter les EPI. Ça ne veut pas dire qu’il comprend le site. »
Tout le monde peut enfiler des EPI. Mais comprendre le site, c’est autre chose. Et dans une scierie, cette différence-là se fait sentir vite.
Parce que dans ces environnements, la sécurité ne se joue pas seulement dans ce qu’un chauffeur porte. Elle se joue aussi dans ce qu’il comprend.
Où se placer. Quand attendre. Quand garder ses distances. Comment se déroule le déchargement. Ce que le site exige avant que quelqu’un s’approche de la remorque.
C’est souvent là que les problèmes commencent. Non pas parce que quelqu’un est arrivé en mode négligent, mais parce qu’il est arrivé mal préparé.
On le voit particulièrement dans le bois.
Les scieries et les cours à bois ne sont pas des environnements de livraison ordinaires. Il y a des interactions avec les chargeuses, des charges qui bougent, de l’équipement en mouvement et des règles de site qui laissent très peu de place aux suppositions. Dans les procédures de chargement assisté, même l’endroit où le chauffeur se tient compte. La zone sécuritaire, ce n’est pas l’endroit où il a envie de se placer. Elle est définie, encadrée et elle doit être respectée (BC Forest Safety Council, 2022).
Ce n’est pas un enjeu d’EPI.
C’est un enjeu de connaissance du site.
Et c’est exactement pour ça que tant de scieries tiennent à leur bilan de sécurité.
Toute personne qui passe du temps autour de sites industriels au Canada a déjà vu ces panneaux. X jours sans accident. X jours sans accident avec perte de temps. X jours sans blessure avec perte de temps.
Ce chiffre-là compte.
Ce n’est pas juste un panneau à l’entrée. C’est le reflet d’une discipline, de procédures et du sérieux avec lequel le site protège sa propre norme. Les tableaux de sécurité sont assez répandus pour être vendus comme une catégorie à part entière au Canada, parce que les entreprises suivent et affichent activement ce type de performance (Seton Canada, n.d.).
On comprend cette mentalité, et on ne veut pas être la raison pour laquelle ce compteur retombe à zéro.
« On ne veut pas être la raison pour laquelle une scierie remet son compteur de sécurité à zéro. »
C’est aussi pour ça qu’on est allés plus loin de notre côté.
Chez MOOV, notre rôle n’est pas de gérer le programme de SST du site. Notre rôle, c’est de comprendre l’environnement assez bien pour préparer le bon transporteur avant même que le camion arrive.
C’est pour ça qu’on a approfondi à l’interne notre compréhension de la protection contre les chutes et des exigences de sécurité en chantier. Pour mieux poser les questions. Mieux filtrer les transporteurs. Mieux préparer les livraisons avant même qu’un camion arrive au portail.
Parce qu’il y a une vraie différence entre dire à un chauffeur d’apporter son dossard et comprendre réellement dans quel type de site il s’en va.
Le premier réflexe est facile. Le second, c’est là que le vrai travail commence.
Et dans le bois, ça compte. Beaucoup.
Quand un site a des exigences plus strictes, quand les zones de déchargement sont encadrées et quand le travail en hauteur ou les procédures antichute font partie de l’environnement, on veut le savoir avant l’arrivée du camion. On veut des transporteurs qui prennent déjà la sécurité de chantier au sérieux. Et quand il y a un écart, on ne l’ignore pas. On clarifie les attentes, on dirige les transporteurs vers les bonnes ressources de formation, et on pousse pour un meilleur niveau de préparation au site avant l’arrivée (CCOHS, n.d.; Government of Canada, 2022; Worksite Safety, n.d.).
Parce que le mauvais camion, avec les mauvaises hypothèses, peut créer du risque bien avant que quelqu’un dise qu’il y a un problème.
Ce billet prolonge notre réflexion sur les EPI.
Le premier parlait d’arriver équipé. Celui-ci parle d’arriver informé.
Les EPI protègent le travailleur.
La connaissance du site protège l’opération.
Et dans les scieries, sur les chantiers et dans les autres environnements de livraison contrôlés, les deux comptent. Parce que la sécurité fait partie de la continuité qu’on protège pour l’expéditeur, le destinataire, l’équipe sur place et tout ce qui entoure le déchargement.
C’est la norme qu’on prend au sérieux.
On ne veut pas que des transporteurs arrivent mal préparés. On ne veut pas qu’une scierie se demande quel genre de partenaire se présente à sa porte. Et on ne veut certainement pas être le maillon faible qui fait tomber la série sans accident de quelqu’un d’autre.
Tu as les EPI, mais ou est le certificat?
Références
BC Forest Safety Council (2022) Loader Assist Procedures.
Canadian Centre for Occupational Health and Safety (CCOHS) (n.d.) Fall Protection: Legislation for Training Requirements.
Government of Canada (2022) Loading and unloading flatbed trucks at shipping and receiving sites.
Seton Canada (n.d.) Safety Scoreboards & Digital Days Without Accident Signs.
Worksite Safety (n.d.) Fall Protection Certification.
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