Trois palettes? Rien de compliqué.
Cinq ou six? Ça reste du LTL.
Puis l’expédition grossit.
Huit palettes. Dix. Douze.
Elle ne remplit toujours pas une remorque complète. Il semble donc logique de continuer à la traiter comme une expédition LTL.
Parfois, c’est exactement la bonne décision.
Parfois, non.
Le problème vient surtout de la question qu’on pose.
« Combien de palettes peut-on expédier en LTL? » semble être une question précise, mais le nombre de palettes mesure mal l’espace réellement utilisé dans une remorque.
Dix palettes compactes et empilables d’un côté, dix palettes surdimensionnées et non empilables de l’autre : sur papier, le compte est le même. Dans une remorque, ce sont deux expéditions complètement différentes.
La meilleure question est plutôt :
Comment cette marchandise utilise-t-elle l’espace de la remorque?
À partir de là, la différence entre le LTL standard, les expéditions de plus grand volume et le FTL devient beaucoup plus facile à comprendre.
Il n’existe pas de nombre magique de palettes
Le LTL repose sur une logique de capacité partagée.
Votre marchandise occupe une partie de la remorque, ce qui laisse le reste de l’espace disponible pour d’autres expéditions dans le réseau du transporteur.
Ce modèle fonctionne bien jusqu’au moment où une expédition commence à accaparer une part importante de cet espace partagé.
Et il n’existe aucune règle universelle qui dit que cela se produit à six, huit ou douze palettes.
Les transporteurs utilisent des seuils et des structures tarifaires différents pour les expéditions plus volumineuses. Par exemple, Estes considère actuellement qu’une expédition d’au moins 5 000 lb ou occupant au moins huit pieds linéaires peut être admissible à son service LTL de volume. Le tarif canadien publié par Purolator applique pour sa part une règle de facturation au pied linéaire lorsque la marchandise occupe 10 pieds ou plus de la remorque. (Estes Express Lines; Purolator)
Ce sont des règles propres à ces transporteurs, pas des définitions universelles.
Ce qu’elles montrent est plus important que les chiffres eux-mêmes :
À un certain point, le nombre de palettes ne raconte plus toute l’histoire. L’espace occupé dans la remorque devient la mesure la plus utile.
« Le nombre de palettes indique une quantité. Les pieds linéaires mesurent l’espace utilisé. »
C’est cette distinction qui permet de mieux comprendre la décision.
Les pieds linéaires donnent une image plus juste
Les pieds linéaires mesurent la longueur de plancher qu’une expédition occupe dans la remorque.
Si votre marchandise occupe huit pieds dans le sens de la longueur de la remorque, elle utilise huit pieds linéaires, qu’il s’agisse de quatre palettes, de six palettes ou d’une combinaison plus difficile à positionner.
Old Dominion définit les pieds linéaires comme le nombre de pieds qu’une expédition occupe dans le sens de la longueur de la remorque. (Old Dominion Freight Line)
Cette mesure devient beaucoup plus utile que le simple nombre de palettes lorsque l’expédition grossit.
Imaginez deux expéditions de dix palettes.
La première utilise des formats standards, sans débordement, et peut être positionnée efficacement.
La deuxième comprend des produits qui dépassent les palettes, des dimensions inhabituelles et plusieurs unités sur lesquelles rien ne peut être empilé.
Les deux demandes de prix pourraient commencer de la même façon :
10 palettes.
Mais la ressemblance s’arrête là.
Dans un cas, les palettes utilisent l’espace efficacement.
Dans l’autre, elles peuvent accaparer une grande partie de la remorque.
C’est pourquoi la forme et les dimensions réelles de la marchandise comptent autant.
Un test pratique en quatre questions
Lorsqu’une expédition commence à sembler « grosse pour du LTL », on ne devrait pas trancher uniquement en fonction du nombre de palettes.
Quatre questions sont beaucoup plus utiles.
1. Combien d’espace au sol la marchandise occupe-t-elle réellement?
Commencez par l’espace réellement occupé.
Pas la dimension nominale de la palette. Pas la dimension que l’emballage était censé avoir.
La marchandise telle qu’elle sera réellement chargée.
Les débordements comptent. Les pièces longues comptent. Les formes irrégulières comptent.
Une expédition qui utilise huit emplacements de palette de façon inefficace peut occuper plus de longueur de remorque qu’une expédition comptant davantage de palettes, mais mieux disposées.
Cette différence devient encore plus importante à mesure que l’expédition grossit, parce que de petits écarts de dimensions se multiplient sur plusieurs unités de manutention.
2. L’espace autour de la marchandise peut-il encore être utilisé?
C’est ici que la possibilité d’empiler entre en jeu.
Une palette n’occupe pas uniquement le rectangle de plancher sous elle. Elle peut aussi limiter l’espace utilisable au-dessus et autour d’elle.
Si d’autres marchandises compatibles peuvent être empilées dessus en toute sécurité, le transporteur dispose de plus de flexibilité.
Si la marchandise est haute, fragile, irrégulière ou non empilable, une portion beaucoup plus importante de la remorque peut devenir inutilisable pour d’autres marchandises.
L’outil canadien de tarification de volume de FedEx Freight illustre bien ce point. Il demande notamment le poids total, les pieds linéaires, les dimensions, le nombre d’unités de manutention et si la marchandise est empilable. (FedEx Freight Canada)
Autrement dit, le nombre de palettes ne suffit pas.
3. Le vrai facteur limitant est-il le poids ou l’espace?
Certaines marchandises remplissent une remorque à cause de leur poids.
D’autres la remplissent à cause de leur volume.
Ce sont deux problèmes différents.
Un produit dense peut ajouter beaucoup de poids tout en occupant relativement peu de plancher.
Un produit léger peut atteindre la limite opposée. Il reste encore une bonne marge de poids disponible, mais l’espace utilisable disparaît rapidement.
C’est l’une des raisons pour lesquelles la densité compte autant en LTL.
La NMFTA calcule la densité d’une unité de manutention à partir de son poids et de son volume cubique, en utilisant les dimensions maximales de la marchandise telle qu’elle est réellement présentée au transporteur, y compris les projections et les débordements. (NMFTA)
Il faut donc regarder la capacité autrement :
Une remorque peut manquer d’espace bien avant d’atteindre sa limite de poids.
Pour les produits volumineux, l’espace peut devenir la contrainte principale longtemps avant le poids.
4. Le service est-il encore logique sur le plan opérationnel?
Cette question est souvent négligée.
Une expédition peut techniquement être admissible au LTL tout en méritant une comparaison avec une autre option.
Peut-être que la marchandise occupe maintenant une portion importante de la remorque.
Peut-être qu’elle est difficile à empiler.
Peut-être que ses dimensions créent une prise au sol difficile à optimiser.
Peut-être que les conditions de ramassage ou de livraison compliquent la manutention ou rendent les délais plus sensibles.
À ce moment-là, la question ne devrait plus être :
Est-ce que cette expédition peut être expédiée en LTL?
Elle devrait plutôt devenir :
Est-ce que le LTL est encore logique pour cette expédition?
Ce ne sont pas les mêmes questions.
Une expédition LTL plus volumineuse ne signifie pas automatiquement qu’il faut passer au FTL
Il y a une autre erreur à éviter.
Quand une expédition grossit, on passe souvent trop vite du LTL au FTL.
Mais le transport de marchandises ne se résume pas toujours à un choix entre les deux.
Il existe un entre-deux.
Certains transporteurs offrent des services pour les envois LTL volumineux ou des structures tarifaires adaptées aux expéditions qui dépassent le LTL conventionnel sans nécessiter une remorque complète. Estes, par exemple, offre un service de volume pour les expéditions plus grandes, en tenant notamment compte du poids et de l’espace occupé dans la remorque. (Estes Express Lines)
Une expédition qui grossit devrait donc amener à comparer les options, pas à changer automatiquement de mode.
Le LTL standard peut encore fonctionner.
Un service pour envois LTL volumineux peut être plus logique.
Le FTL peut devenir concurrentiel.
La bonne réponse dépend de la marchandise, du trajet, des options de transport disponibles et des exigences opérationnelles de l’expédition.
C’est pourquoi partir d’une règle arbitraire basée sur le nombre de palettes peut mener à la mauvaise décision.
Pourquoi les dimensions réelles comptent encore plus lorsque l’expédition grossit
Prenons une palette indiquée à 48 pouces de longueur.
Le produit dépasse en réalité de trois pouces de chaque côté.
Pour une seule palette, l’écart peut sembler mineur.
Sur plusieurs unités de manutention, il peut modifier de façon importante l’espace total occupé dans la remorque.
Les données dimensionnelles jouent aussi un rôle important dans la classification et la tarification du fret.
Les directives de la NMFTA sont claires : les mesures doivent tenir compte des dimensions maximales de l’unité de manutention, y compris les projections. Autrement dit, il faut mesurer la marchandise qui sera réellement expédiée, pas seulement la palette qui se trouve en dessous. (NMFTA)
La leçon opérationnelle est plus simple :
Donnez les dimensions de la marchandise telle qu’elle sera réellement expédiée.
Si le produit dépasse la palette, incluez ce débordement.
S’il n’est pas empilable, précisez-le.
Si une palette est particulièrement haute, indiquez-le.
Si l’expédition a changé depuis la prise de dimensions initiale, mettez l’information à jour.
Plus l’expédition est volumineuse, plus les imprécisions finissent par compter.
Pour la remorque, « 10 palettes » ne dit pas tout
C’est probablement la façon la plus simple de penser à toute la question.
Une remorque ne voit pas « dix palettes ».
Elle doit composer avec :
- l’espace au sol déjà occupé,
- le poids ajouté,
- l’espace qui reste réellement utilisable,
- la façon dont la marchandise peut être positionnée avec le reste du chargement.
C’est pourquoi deux expéditions ayant exactement le même nombre de palettes peuvent justifier des décisions de transport complètement différentes.
« Une expédition ne devient pas trop volumineuse pour le LTL à partir d’un nombre précis de palettes. Elle le devient lorsque sa façon d’utiliser l’espace de la remorque change suffisamment pour qu’on doive revoir les options. »
C’est à ce moment qu’il vaut la peine de réévaluer l’expédition au lieu de la réserver automatiquement de la même façon que les plus petites charges qui l’ont précédée.
Quelles informations fournir pour tarifer une expédition LTL volumineuse?
Lorsqu’une expédition commence à occuper une portion importante de la remorque, il faut fournir l’information qui décrit réellement la marchandise.
Au minimum :
- le nombre d’unités de manutention,
- le poids réel,
- la longueur, la largeur et la hauteur réelles,
- si la marchandise est empilable ou non,
- tout débordement ou toute dimension irrégulière,
- le type de marchandise,
- et les exigences au ramassage et à la livraison.
À partir de là, une estimation des pieds linéaires permet de mieux voir quelle longueur de remorque l’expédition occupe réellement.
C’est beaucoup plus utile que de dire simplement :
« J’ai dix palettes de Montréal à Toronto. »
Parce que dix palettes peuvent vouloir dire presque n’importe quoi.
Alors, quand une expédition devient-elle trop grosse pour le LTL?
Il n’existe pas de réponse unique, et c’est justement la réponse.
Si quelqu’un vous donne un nombre universel de palettes sans regarder la marchandise, il simplifie une décision qui dépend de beaucoup plus que du décompte des palettes.
Regardez plutôt les signaux :
- L’expédition occupe une portion importante de la longueur de la remorque.
- La marchandise ne peut pas être empilée efficacement.
- Les dimensions sont hors standard ou irrégulières.
- L’espace devient la contrainte avant le poids.
- L’expédition est assez importante pour justifier une comparaison entre un service d’envoi volumineux et le FTL.
Plus ces facteurs s’additionnent, plus il devient pertinent de réévaluer le mode de transport.
Cela ne veut pas dire que le LTL est le mauvais choix.
Cela veut dire que l’expédition est devenue assez importante pour que le LTL soit un choix réfléchi, pas un réflexe.
LTL ou FTL : tout commence par la marchandise
La question utile n’est pas :
Quel est le nombre maximal de palettes en LTL?
La vraie question est :
Comment cette expédition utilise-t-elle l’espace de la remorque, et quelle option est la plus logique pour la transporter?
Ce petit changement de perspective mène à une bien meilleure décision de transport.
Si vos expéditions LTL prennent de l’ampleur, MOOV peut regarder la marchandise, ses dimensions, le trajet et les exigences opérationnelles afin de comparer les options LTL et FTL disponibles avant que l’expédition parte.
Références
Estes Express Lines
Frequently Asked Questions
Estes Express Lines
Volume and Truckload
Purolator
Freight Specialized Services Tariff
Old Dominion Freight Line
Freight Glossary
FedEx Freight Canada
Volume Rate Finder
National Motor Freight Traffic Association
How is the density of a handling unit calculated?
National Motor Freight Traffic Association
Reducing Reclass Disputes with Better Data Capture


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